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Évaluation de l'allergénicité des aliments : Application au diagnostic de l'allergie alimentaire Cette thèse actualise les connaissances de l'évaluation de l'allergénicité des aliments et son application au diagnostic de l'allergie alimentaire. Après la définition, les caractéristiques et la classification des allergènes alimentaires, les phénomènes physico-chimiques modifiant l'allergénicité des aliments ainsi que les réactivités croisées sont décrites. Ainsi sont introduits les outils cliniques et biologiques utiles au diagnostic de l'allergie alimentaire et à la détection des traces d'allergènes alimentaires. Une collaboration étroite entre cliniciens et chercheurs biologistes, permet d'optimiser la prise en charge diagnostique et thérapeutique de l'allergie alimentaire. Cette démarche se concrétise par la mise à disposition et l'utilisation de divers outils (développement d'allergènes recombinants, dosage de contaminants alimentaires dans des médicaments ou aliments, ...) et est illustrée par diverses mises en situation clinique réelles.
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Exposition de la population générale française aux allergènes de contact L’allergie cutanée est un problème majeur de santé publique pouvant fortement impacter la vie de l’individu atteint. Une cause largement reconnue d’allergie de contact sont les substances parfumantes intégrées dans les produits cosmétiques. La réglementation cosmétique en vigueur oblige le fabricant à évaluer les risques de ces substances. Bien que certaines de ces substances soient également présentes dans les huiles essentielles, il n’existe pas à l’heure actuelle une telle réglementation pour les huiles essentielles. L’objectif de cette thèse a été de caractériser l’exposition à certaines substances parfumantes d’intérêt provenant de la consommation d’huiles essentielles et de produits cosmétiques. Nous avons d’abord étudié la consommation d’huiles essentielles au sein d’un panel représentatif de la population française. Nous avons ensuite défini les substances parfumantes sensibilisantes retrouvées dans ces huiles. L’exposition cutanée aux produits cosmétiques a également été étudiée. Enfin, ces données ont été croisées pour comparer l’exposition provenant de la consommation de ces deux produits au limonène en utilisant des méthodes statistiques probabilistes (Méthodes de Monte-Carlo). Cela a permis de démontrer que les huiles essentielles pouvaient être un fort contributeur dans l’exposition globale au limonène, pour certaines zones corporelles comme le visage. Il a donc été mis en évidence l’intérêt de la prise en compte des huiles essentielles, et non pas seulement des produits cosmétiques dans l’exposition globale à certains allergènes de contact, pour mieux protéger la population.
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Effets des sensibilisants sur la synthèse de la prostaglandine E2 : Mécanismes et intérêt dans la prédiction de l’allergie de contact Les sensibilisants de contact sont des molécules réactives électrophiles qui ont la capacité de modifier des protéines de la peau pour former un antigène. Au delà de ce mécanisme d'hapténisation, le signal de danger induit par les sensibilisants conduisant à l'activation des cellules dendritiques (DC) est un élément déterminant dans l'induction de cellules T spécifiques de l'haptène. Dans le contexte du 7ième amendement à la directive cosmétique européenne, la mise en place d'une batterie de tests in vitro permettant de prédire le potentiel sensibilisant de molécules est indispensable pour l'industrie cosmétique. Tandis que la plupart des études in vitro étudient les signaux de danger induits par les sensibilisants dans des modèles homéostasiques, nous nous sommes intéressés à l'effet des sensibilisants sur la mise en place d'une réponse inflammatoire. Lorsque la lignée U937 est différenciée avec du PMA et stimulée avec du LPS, les facteurs de transcription NF-κB et Nrf2 sont activés et l'acide arachidonique (AA) est métabolisé au travers de la cascade cPLA2 / COX-2. L'ensemble de ces voies activées conduit à la production par les U937 d'un grand nombre de médiateurs inflammatoires (IL-1β, TNF-α, IL-6, IL-10, IL-8, PGE2, PGD2, TxB2). Dans ce modèle, nous avons analysé l'effet de 6 sensibilisants de potentiels variés (DNCB, PPD, HQ, PG, CIN, EUG) et montré que de façon inattendue, tous les sensibilisants étudiés diminuent significativement et de façon spécifique la production de tous les prostanoïdes et en particulier de PGE2 induite par PMA/LPS. Nous avons de plus démontré que selon les sensibilisants, les cibles de cette inhibition au sein de la cascade métabolique de l'AA diffèrent, même si elles se focalisent la plupart du temps (sauf pour le DNCB) sur l'enzyme COX-2 (inhibition de son expression et/ou de son activité). Pour le DNCB, le mécanisme d'inhibition semble plutôt impliquer sa capacité à réagir fortement avec les groupements résidus thiols, ce qui se traduit en particulier par la déplétion du GSH intracellulaire et engendrerait l'inhibition des synthases dépendantes du GSH pour leurs activités. En parallèle de cette étude mécanistique, nous avons appréhendé la problématique du point de vue statistique et vérifié sur un set plus important et diversifié de molécules (160 molécules) que le paramètre « inhibition de PGE2 » pouvait être un bon test de prédiction de l'HSRC. L'étude statistique a permis de déterminer le modèle prédictif du test PGE2 et de mettre en évidence de bonnes performances (78%) par rapport aux prédictions du LLNA. Au-delà, une certaine complémentarité du test PGE2 avec d'autres tests in vitro (MUSST, Nrf2-HTS) a pu être mise en évidence. En conclusion, au travers de cette étude, nous avons pu mettre en évidence de nouvelles propriétés biochimiques des sensibilisants. Même si la signification biologique de la diminution de PGE2 par les sensibilisants de contact demeure complexe d'interprétation, ce paramètre a permis le développement d'un test qui prédit avec de bonnes performances le caractère sensibilisant de molécules et dont la position au sein d'une batterie prédictive d'évaluation de l'allergie de contact reste à être précisée.
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Alimentation lactée, infections et allergies chez le jeune enfant Résumé
L’alimentation du nourrisson est exclusivement lactée durant les premiers mois de vie. Si l’effet
protecteur de l’allaitement vis-à-vis des infections infantiles est avéré, en particulier dans les
pays en développement, le lien entre l’allaitement et les allergies est beaucoup moins
consensuel. Par ailleurs, la durée d’allaitement étant relativement courte en France, de
nombreux nourrissons sont exposés aux préparations infantiles dès les premières semaines.
Ainsi, les objectifs de ma thèse étaient d’étudier dans quelle mesure les liens entre l’allaitement
et les infections ou les allergies dans l’enfance persistent dans un contexte caractérisé par un
allaitement court et de bonnes conditions d’hygiène, de décrire le recours aux différents types
de préparations infantiles et d’évaluer si certains composants des préparations infantiles étaient
associés aux symptômes allergiques dans les 2 premières années de vie. A partir des données
des cohortes de naissance françaises EDEN et ELFE, j’ai pu montrer que, malgré un contexte
a priori défavorable, l’allaitement est associé à un risque plus faible d’hospitalisations de longue
durée pour infection, d’infections gastro-intestinales et de recours aux antibiotiques dans les
premières années de vie. Des associations moins franches étaient également observées entre
l’allaitement et un risque plus faible d’otites et d’infections respiratoires dans les 2 premières
années de vie et d’eczéma dans la 1ère année de vie. Mes travaux ont également mis en évidence
la très grande variété des préparations infantiles consommées par les nourrissons non
exclusivement allaités en France. Aucun effet protecteur des préparations infantiles avec un
label « hypoallergénique » n’a pu être mis en évidence vis-à-vis des symptômes allergiques
jusqu’à 2 ans. Par ailleurs, un risque plus élevé de sifflements à 1 an chez les enfants présentant
des antécédents familiaux d’allergie ou d’allergies alimentaires à 2 ans chez les enfants ne
présentant pas d’antécédent familial d’allergie a été retrouvé chez les enfants consommant ces
préparations à 2 mois, par rapport à ceux consommant une préparation infantile standard. Si
mes travaux ne permettent pas d’établir de lien causal, ils soulignent la nécessité de conduire
de nouveaux essais randomisés sur des échantillons relativement larges pour mieux comprendre
les impacts santé de ces préparations infantiles.